it’s the industry, stupid
Le titre de cet article est une référence à cette phrase de la campagne électorale de Bill Clinton en 1992 « It’s the economy, stupid! » considérée depuis comme la clé de la victoire de celui qui n’était alors qu’un modeste gouverneur de l’Arkansas, tout juste investi par le Parti démocrate. Face à un Georges Bush père pourtant au plus haut dans les sondages, suite notamment à la 1ère guerre du Golfe, Clinton arriva à fixer l’agenda politique, et médiatique, en centrant sa campagne sur l’économie (quitte à prendre quelques largesses à l’époque d’ailleurs avec ce qu’était la réalité de la situation américaine).
Il est compliqué dans une campagne d’imposer une thématique ou tout simplement de faire émerger ses priorités. La tension entre l’agenda politique et médiatique est un classique des cours de communication politique.
Les choses peuvent être encore plus compliquées à l’occasion d’une campagne régionale. Le Conseil régional en tant qu’institution est peu connu, si on le compare par exemple aux communes. Les présidents de Conseils régionaux bénéficient d’une notoriété toute relative, alors ne parlons pas, sauf exception lorsqu’il s’agit de personnalités d’envergure nationale, de leurs concurrents. Les médias locaux n’ont pas la force de frappe, et donc la capacité d’influer sur le débat, de leurs homologues nationaux. A charge donc pour chaque liste de tenter au mieux de faire ressortir ses propositions et ses priorités.
J’en témoigne. Encore ce matin sur le marché Sainte Anne, et malgré un accueil très positif, il était bien difficile d’amener les gens à parler d’autre chose que de Sarkozy ou de la municipalité pour pouvoir parler des propositions que nous portons dans cette campagne.
A un mois du second tour, la droite semble attachée à travailler son fond de commerce habituel qu’est la sécurité, et à syphoner sur son extrême droite le maximum de voix au 1er tour, pour être en dynamique à défaut de réservoir de voix disponibles ou de posssibilité de conclure des accords avec des partenaires qui n’existent plus, même au centre. De façon anecdoctique (mais on pourrait développer) une opportune rencontre comme celle organisée vendredi matin à propos du quartier Wilson avec Xavier Darcos en déplacement sur Reims appelle le commentaire suivant de Benoist Apparu, tête de liste UMP dans la Marne, sur son profil Twitter :
Réunion avec Darcos sur le quartier wilson de Reims. Réussite sur le plan renov. urbaine mais pas top sur la sécurité.
On répète le message en boucle : sécurité, sécurité, sécurité. Et on le décline : vidéosurveillance (appelée vidéo-protection, terme plus rassurant), sécurité dans les lycées, dans les transports ferrovières…
Le débat pourrait changer dès demain.
Martine Aubry, de retour de La Réunion, viendra ce lundi dans la Marne apporter son soutien à la liste de Jean-Paul Bachy. Un déplacement qui sera marqué par une rencontre avec les salariés des PTPM à Aÿ (à suivre en liveblogging demain sur mon compte twitter http://twitter.com/nicomarandon), et permettra de parler industrie. Je ferai un autre post sur la situation industrielle en Champagne-Ardenne et les enjeux de cette visite.
A peine ce déplacement connu, qu’apprend-t’on par dépêche AFP vendredi :
Le ministre de l’Industrie Christian Estrosi va rencontrer mardi les dirigeants de l’équipementier automobile Trèves pour leur demander des “éclaircissements complémentaires” au sujet de la fermeture de l’usine PTPM d’Aÿ en Champagne.
Hasard du calendrier, volonté de ne pas perdre la main ou déminage ?
La question industrielle, présente en toile de fond du débat social ou politique depuis l’élection présidentielle de 2007 (comme en témoignent les mises en scène récurrentes de Nicolas Sarkozy dans des usines), va-t’elle animer la campagne en Champagne-Ardenne ?
